Matinée Ovine dans Les Pyrénéennes 2018

Septembre 2018

Le 14 septembre dernier, à l'occasion des "Pyrénéennes", le rendez-vous agricole incontournable des Pyrénées Centrales, l'ACAP a organisé une matinée consacrée au projet PIRINNOVI et à l'impact de la réforme de la PAC sur les exploitations de montagne.

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La première partie de la rencontre a donc porté sur le programme de recherche et développement PIRINNOVI mené en partenariat avec l'Espagne. Ont été dévoilés les premières conclusions et pistes d'amélioration de la durabilité et de la rentabilité de l'élevage ovin pyrénéen. Marie Lecarme, ingénieure à l'Institut de l'Elevage, et Jean-François Bataille, ingénieur à la Chambre Régionale d'Agriculture d'Occitanie, ont présentés les résultats de l'action consacrée à l'analyse technico-économique de la filière ovine dans les Pyrénées Centrales. Des scénarios d'avenir de cette filière ont été simulés afin d'identifier les systèmes potentiellement plus rentables dans l'avenir. Emeric Jouhet, directeur du CORAM, a exposé les résultats provisoires relatifs à la réorganisation de l'évaluation des aptitudes maternelles des brebis, où comment orienter les schémas de sélection génétique pour favoriser les meilleures brebis. Stéphane Fabre, chercheur à l'INRA a quant à lui parlé de prolificité ovine et l'effet de gènes majeurs sur ce critère.

La deuxième partie de cette rencontre a été consacrée à la future réforme de la PAC et ses effets sur la filière ovine pyrénéenne. Sarah Fichot (ACAP) a présenté les principales évolutions de la réforme de la PAC post 2020. Ensuite, une table ronde a été tenue avec la participation de Francis Ader, Alfred Vismara (professionnel, Chambre d’Agriculture de l’Aude), Bertrand Gerbet (Jeunes Agriculteurs) y Françoise Guidel (professionnel, Chambre d’Agriculture des Pyrénées Orientales). Les principaux sujets du débat ont été la reconnaissance des surfaces pastorales, le coût de la prédation, comment mieux rémunérer les produits, le maintien des aides couplées tournées vers la production et la question du renouvellement des exploitations.

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Vous trouverez plus d’infos dans les liens suivants :

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Le pastoralisme s'invite à Bruxelles

Août 2018

Eric Andrieu organisait ce mercredi 29 août au Parlement Européen une conférence-exposition sur le pastoralisme en Occitanie.

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Bruxelles – Devant des représentants du Parlement et de la Commission européenne, et en présence d’éleveurs et spécialistes du pastoralisme, l’eurodéputé du Sud-Ouest Eric Andrieu (PS) inaugurait à Bruxelles une exposition de cinq jours dédiée aux enjeux du pastoralisme. Dans son introduction il a souligné « L’objectif de cette manifestation est de sensibiliser les parlementaires européens aux réalités du pastoralisme et d’aborder les problématiques actuelles, à commencer par la question du loup. » Avant d’ajouter : « Nos productions de montagne sont une source d’emploi et un moteur économique dans des territoires ruraux à handicap naturel, avec un effet d’entraînement sur le tourisme et l’artisanat. Elles assurent l’entretien des paysages, présente de réels atouts pour l’environnement et comporte une dimension culturelle, qui fait partie du patrimoine français et européen. Nous devons garder nos territoires vivants ! »

L’eurodéputé parrainait l’exposition réalisée par des élèves du Lycée agricole Terre Nouvelle de Marvejols (Lozère, France). Pour l’enseignante Marlène Crueyze qui avait fait le déplacement avec deux de ses collègues : « Mes étudiants, lauréats du SIA 2016 ont répondu à l’appel à projet des Ovinpiades Collectives sur le thème suivant : Les atouts environnementaux de l’élevage ovin. Ils ont pu ainsi valoriser l’importance du pastoralisme grâce à l’échantillon ovin lozérien pour permettre une prise de conscience nationale ! Apprendre à communiquer pour valoriser des pratiques d’élevages modernes ou ancestrales, des filières de qualités et des savoirs faire pour éviter que le tyran du consommateur soit l’ignorance ! »

Présente également Sophie Pantel, Présidente du département de la Lozère (PS) a estimé que « la présence du loup est incompatible avec l’élevage extensif dans nos montagnes et remet en cause l’économie agricole et la vie rurale ».

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Pierre Martin, éleveur, Président de l’Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées (ACAP), a souligné la spécificité du pastoralisme et sa dimension collective. « Il est important que dans la future PAC ces espaces collectifs soient reconnus comme des espaces de production. »

Michel Meuret, Chercheur à l’INRA de Montpellier, spécialiste des pratiques surfaces pastorales, a souligné « un cruel paradoxe pour les éleveurs et bergers : être encouragés à entretenir par le pâturage des paysages riches en biodiversité et prévenir les incendies, et devoir aussi s’en méfier en raison des attaques de loups. »

Pour Annie Cipière du Centre de Ressources sur le Pastoralisme et la Gestion de l’Espace : « Le pastoralisme collectif, bien vivant et sans cesse réadapté, tient un rôle important pour les collectivités en charge du développement des territoires ruraux. Il est au cœur d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux. » 

Pour Christine Valentin, Présidente du Service commun pastoralisme de la Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie : « Les surfaces pastorales sont essentielles pour l’économie des exploitations méditerranéennes, elles permettent leur autonomie fourragère. La future PAC doit leur reconnaître une éligibilité totale aux aides pour conforter la durabilité des exploitations à dominante pastorale. »

Michèle Boudoin, Présidente de la Fédération nationale ovine a de son côté alerté : « La filière ovine est fragile dans un contexte européen qui risque d’être bouleversé par le Brexit. L’élevage pastoral produit des biens publics reconnus par tous, il est une nécessité pour la vitalité et l’économie des territoires ruraux européens, et les attaques de grands carnivores sont une menace. Il faut que la Direction Générale de l’Environnement de la Commission ne soit pas autiste devant la réalité des faits partout en Europe la prédation du loup progresse. Nous devons faire bouger les choses et permettre aux éleveurs le droit élémentaire de défendre leur troupeau ! »

La Commission européenne, représentée par Luis Carazo Jiménez de la Direction Générale de l’Agriculture et du Développement Rural a conclu la conférence en soulignant les atouts du pastoralisme dans la cadre d’une agriculture européenne riche et variée et en mettant l’accent sur les outils actuellement disponibles pour le soutenir, « des outils qui devront être simplifiés et rendus encore plus efficaces dans le cadre des propositions de réforme de la PAC actuellement en discussion. »

Mission interparlementaires sur le loup

Juillet 2018

delegation Eur LoupL'Europe commence à s'intéresser de près au bouleversement provoqué par l'arrivée du loup et Michel Dantin s'est investi d'une mission parlementaire sur la prédation du loup.

Le 15 mai dernier les parlementaires européens se réunissaient à Bruxelles pour une conférence sur la question du loup à voir ici en streaming.
La présentation de Laurant Garde du CERPAM est également disponible en téléchargement ainsi que le compte-rendu de cette journée proposé par Euromontana.

Quatre députés européens, d'Italie, de Croatie et de France (Michel Dantin, député européen et maire de Chambéry) ont été accueillis sur les exploitations  d'altitude en Maurienne le 12 juillet et le seront également dans le Vercors le 13 juillet. Une visite qui est une étape importante car un plan loup est en réflexion désormais à Bruxelles pour faire évoluer la réglementation.

A quand un exercice analogue sur l'ours ?

Euromontana se saisit de la question de la prédation

Mars 2018

Un comité directeur s’est tenu à Moûtiers les 7 et 8 mars, sur proposition de Fabrice Panneckoucke, pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes, membre d’Euromontana, afin d’échanger sur le terrain les problématiques du pastoralisme et de la prédation. Parmi les nombreux défis que doit relever le pastoralisme dans les montagnes européennes, cet atelier de discussion en a abordé deux, à savoir : les grands prédateurs et le maintien de l’attractivité des métiers pastoraux. Cet atelier de discussion a fait suite à plusieurs demandes des membres d’Euromontana d’accorder une place plus importante à ce sujet. Cette demi-journée a permis, à la suite de présentations de constats techniques, d’échanger au sein d’Euromontana pour définir l’approche à mettre en œuvre pour la suite. A cette occasion, Michel Dantin a annoncé la visite de la Commission Environnement en Juillet dans les Alpes sur le sujet de la prédation.

Journées de restitution dans les Pyrénées des travaux du projet national sur l'agropastoralisme de montagne

Mai 2018

Restitution RRN 20180522Déterminés à faire connaitre et reconnaitre les activités agricoles, pastorales et agroalimentaire de montagne comme patrimoine d’exception, les montagnards des Alpes, du Jura, des Pyrénées, des Vosges et du Massif Central ont décidé de conjuguer leurs expertises et réflexions à travers un projet d’envergure nationale : « innover collectivement pour mieux soutenir l’agropastoralisme »

Initié en 2016 dans le cadre du Réseau Rural, ce projet avait pour ambition de recenser les enjeux majeurs et les défis auxquels les agriculteurs sont confrontés pour mieux les affronter. Il s’agissait de croiser les besoins du terrain avec les dispositifs de soutiens ouverts dans la Politique Agricole Commune et la politique de massif. Dans la pratique, cela s’est traduit par l’organisation de journées d’auditions dans chacun des massif – dont trois dans les Pyrénées auxquelles ont participé une centaine de pyrénéens – et la mise en place de groupes de travail nationaux.

Aujourd’hui compilés, ces travaux constituent un recueil de propositions techniques. Les propositions sont nombreuses et, entérinées par le séminaire de restitution organisé le 2 mai 2018 à Paris, partagées par l’ensemble des massifs français. Ce qui, pour autant, ne doit pas faire oublier que les agricultures de montagne sont plurielles, y compris au sein d’un même massif.

C'est pourquoi l'ACAP a pris soin d'organiser trois nouvelles journées de restitution de ces travaux dans les Pyrénées le 24 mai à Saint-Palais, le 29 à Quillan et le 31 à Saint-Gaudens. Saluant l'initiative, un grand nombre de pyrénéens se sont mobilisés et ont activement contribué la déclinaison et l'adaptation des propositions aux réalités pyrénéennes. Cet exercice sera versé à l'écriture d'un Livre Blanc pour l'agriculture pyrénéenne.